PROCES EN APPEL DE L’ATTENTAT DE STRASBOURG : LA DECISION A ÉTÉ RENDUE

Après quatre semaines de débats, le procès en appel de l’attentat de Strasbourg devant la Cour d’assises spécialement composé de Paris a pris fin le 17 avril 2026.

L’attentat du marché de noël de Strasbourg est un attentat perpétré le 11 décembre 2018 par Chérif Chekatt. Cette attaque avait entrainé la mort de cinq personnes et fait onze blessés. Après plusieurs jours de fuite, le terroriste avait été abattu par les forces de l’ordre. Les enquêteurs étaient remontés à l’origine du revolver utilisé par Chérif Chekatt, ce qui les avaient conduits à Audrey Mondjehi, un proche du terroriste. Il avait été mis en examen dès le 17 décembre 2018. Deux membres de la famille Bodein et Christian Hoffmann ont ensuite été poursuivis pour leur rôle présumé dans la fourniture de l’arme. Renvoyés devant la cour d’assises spécialement composée de Paris, ils ont été jugés en 2024. Mondjehi, considéré comme le principal responsable a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle assorti d’une interdiction définitive du territoire français pour association de malfaiteur terroriste. Christian Hoffmann et Frédéric Bodein ont quant à eux écopé de peines respectives de quatre et cinq ans, Stéphane Bodein quant à lui a été acquitté.
Audrey Mondjehi a fait appel de l’arrêt rendu estimant ne pas avoir connaissance du projet térroriste de Chérif Chekatt. Le procès en appel qui s’est ouvert le 23 mars 2026 devant la Cour d’assises spécialement composé de Paris a pris fin le 17 avril 2026. Le délibéré a confirmé la peine rendue en première instance.

Tout au long des débats, Mondjehi a tenté de montrer un visage humain, loin de la figure du délinquant endurci. A plusieurs reprises, il a affirmé « aimer la paix » et « être profondément désolé » assurant qu’il repense aux évènements tous les jours. Selon ses propos, il ignorait totalement les projets meurtriers de Chérif Chekatt. Mais son attitude a pesé lourdement sur la décision finale. La Cour a relevé de multiples contradictions dans ses propos. En niant l’évidence de sa proximité avec Chérif Chekatt ou l’étendue de son implication dans la fourniture de l’arme, il a perdu toute crédibilité devant la Cour. Ses versions changeantes ont convaincu les magistrats qu’il cherchait avant tout à minimiser sa responsabilité. À la question de savoir pourquoi il n’a jamais dit la vérité tout au long de l’information judiciaire, il répond que cela est dû à la panique relative à l’acte terroriste. La défense d’Audrey Mondjehi a demandé le rejet de la qualification terroriste de leur client en faisant une comparaison avec les faits, les qualifications et les peines retenues dans d’autres dossiers d’attentats notamment celui des attentats du 13 novembre et de Charlie hebdo. « Audrey Mondjehi n’a pas besoin d’un avocat mais d’un bon juge ». Tels sont les mots qui ont clôturé la défense d’Audrey Mondjehi.

Au delà des débats sur la complicité de Mondjehi, le procès a été marqué par le courage des parties civiles, venues témoigner. Pour beaucoup, la vie s’est arrêtée ce 11 décembre 2018. A la barre, de nombreuses victimes ont décrit un quotidien hanté par l’hyper-vigilance constante et la dépression. Le marché de noël est devenu une épreuve insurmontable dû à la peur panique de la foule. Face aux excuses prononcées par l’accusé, la reponse de certaines victimes a été sans équivoque : “ Je ne pardonnerai jamais et j’ai le droit de ne pas pardonner”. Pour certaines familles, la désolation qu’exprime l’accusé ne pèse pas lourd face au silence définitif de leurs proches. Les avocats des parties civiles quant à eux ont affirmé que les mensonges, les dénégations systématiques et la banalisation de la violence d’Audrey Mondjehi rendaient légitime la colère des victimes. Ils ont demandé « une décision intelligible, irréprochable, individuelles, sans retenue et sans haine qui puisse être comprise et accepté par les parties civiles et par la société ».

La FENVAC qui a assisté les victimes tout au long de la procédure, était représenté par Me Chloé Vergnes et était présente tout au long du procès. Dans sa plaidoirie, son avocate a rappelé la légitimité des associations à se constituer partie civile en arguant que les associations représentent l’intérêt collectif des victimes et sont d’un soutien appréciable pour les victimes.

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