Dans la nuit du 29 au 30 juin 2009, un Airbus A310 assurant le vol IY626 entre Sanaa au Yémen et Moroni aux Comores décroche et s’abîme dans l’océan Indien. À son bord se trouvait cent cinquante-trois personnes dont soixante-cinq passagers de nationalité française. Il n’y a eu qu’une seule survivante, Bahia Bakari, une fillette de douze ans, retrouvée plusieurs heures après l’accident accrochée à des débris de l’appareil. Cent cinquante-deux personnes ont perdu la vie.
Dès le 1er juillet 2009, une information judiciaire pour homicides involontaires a été ouverte, initialement au tribunal de Bobigny, puis transférée au tribunal de Paris, compétent pour les accidents collectifs. L’instruction a été particulièrement longue et complexe. L’analyse des enregistreurs de vol a établi que l’accident résulte d’une succession d’erreurs de pilotage lors de la manœuvre d’approche à vue, rendue nécessaire ce soir-là par des vents de sud imposant un atterrissage face au sud. Les deux collèges d’experts judiciaires et la commission d’enquête comorienne ont conclu de façon concordante à des manœuvres inadaptées et non réglementaires de l’équipage notamment une mauvaise configuration de l’avion, une manipulation incohérente des automatismes, une vitesse notoirement inférieure aux limites autorisées, une absence de coordination entre le commandant de bord et le copilote, une incapacité à appliquer les procédures d’urgence malgré le déclenchement des alarmes. Toute défaillance technique de l’appareil a été formellement exclue.
Par ordonnance du 6 novembre 2020, les juges d’instruction ont renvoyé la compagnie Yemenia Airways devant le tribunal correctionnel de Paris pour homicides involontaires et blessures involontaires. Le 14 septembre 2022, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré la compagnie coupable et l’a condamnée à l’amende maximale prévue par la loi, soit 225 000 euros, ainsi qu’au versement de plus d’un million d’euros aux associations de victimes parties civiles au titre des frais de justice et du préjudice moral. Le tribunal a décidé qu’il n’était pas nécessaire d’afficher la décision compte tenue de l’ampleur médiatique qu’a pris l’affaire. La compagnie a interjeté appel. Le 10 septembre 2024, la cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation dans son intégralité en ajoutant la peine d’affichage de l’arrêt. Yemenia Airways a alors formé un pourvoi en cassation, actuellement pendant devant la Cour de cassation.
Une stèle financée par le gouvernement français a été érigée à l’entrée de la ville de Mitsamiouli dans le nord de la Grande Comores en mémoire des cent cinquante-deux victimes, deux ans après le crash.
La FENVAC, constituée partie civile dès l’ouverture de la procédure, se tient aux côtés des familles et proches de victimes à chaque étape judiciaire et est représentée par Me Sébastien Busy.
En ce jour, nous rendons hommage aux victimes de ce crash et exprimons notre soutien aux familles et proches de victimes.






