À l’occasion des dix ans de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, la Délégation Interministérielle à l’Aide aux Victimes - DIAV a organisé ce 7 juillet une conférence intitulée « Nice : 10 ans après », réunissant associations de victimes, professionnels de santé, chercheurs, historiens et représentants des institutions afin de partager les enseignements de cette décennie d’accompagnement, de mémoire et de résilience.
La FENVAC y était représentée par Pierre-Étienne Denis, administrateur de la Fédération et président au moment de l’attentat, qui est intervenu lors de la table ronde consacrée au rôle des associations de victimes. Marie-Claude Desjeux, vice-présidente en charge des relations extérieures, et Françoise Grandclaude, déléguée territoriale de la FENVAC à Nice, ont également assisté à cette matinée d’échanges.
À travers les trois tables rondes consacrées aux conséquences du traumatisme chez l’enfant, au rôle des associations de victimes et aux enjeux de mémoire et de résilience, les intervenants ont rappelé combien l’accompagnement des victimes s’inscrit dans le temps long. Dix ans après l’attentat de Nice, 88 enfants traumatisés bénéficient encore d’un suivi spécialisé, témoignant des séquelles durables que peut laisser un acte terroriste et de la nécessité de maintenir des dispositifs d’accompagnement adaptés.
Au cours de son intervention, Pierre-Étienne a rappelé la vocation nationale et transversale de la FENVAC. Depuis plus de trente ans, la Fédération accompagne les victimes d’attentats et d’accidents collectifs partout en France et met son expérience au service des nouveaux collectifs qui se créent après une catastrophe. Les victimes et leurs proches sont souvent plongés dans un profond désarroi, confrontés à des démarches complexes et à un sentiment d’isolement. L’expérience de la FENVAC montre qu’un collectif permet non seulement de rompre cette solitude, mais aussi de partager une expérience commune, de s’entraider, de défendre plus efficacement les droits des victimes et, lorsque celles-ci le souhaitent, de structurer une association capable de dialoguer avec les pouvoirs publics. La Fédération accompagne régulièrement ces nouvelles associations afin qu’elles puissent bénéficier de l’expérience acquise lors de catastrophes précédentes.
Pierre-Étienne a également rappelé que la mission de la FENVAC s’est complexifiée depuis 2018, date à laquelle la Fédération n’a plus accès aux listes des victimes. Cette situation rend plus difficile l’identification des personnes concernées et la possibilité de leur proposer rapidement un accompagnement, alors même que beaucoup ignorent l’existence des associations susceptibles de les soutenir. Il a par ailleurs exprimé sa vigilance quant à la pérennité des financements accordés aux associations de victimes. Ces moyens sont indispensables pour assurer un accompagnement spécialisé, indépendant et durable, bien au-delà de la période d’urgence qui suit une catastrophe.
Parmi les interventions qui ont particulièrement marqué cette conférence, il est à souligner celle du neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Rescapé de la Shoah après avoir perdu ses parents en déportation, il a consacré sa vie à l’étude des mécanismes de la résilience et de la reconstruction après les traumatismes. Son témoignage, nourri à la fois par son histoire personnelle et par plusieurs décennies de recherche, a profondément touché l’auditoire. L’intervention de Patrick Prigent, président de l’association LIFE FOR NICE 14 juillet 2016, dont le témoignage, la dignité et l’engagement auprès des victimes forcent le respect.
Cette conférence a été particulièrement intéressante et émouvante. En réunissant victimes, associations, chercheurs, professionnels et institutions, elle a permis de mesurer le chemin parcouru depuis dix ans, tout en rappelant que l’amélioration de l’accompagnement des victimes repose sur une mobilisation collective et continue.
La FENVAC adresse ses plus sincères remerciements à Madame Alexandra Louis, déléguée interministérielle à l’aide aux victimes, ainsi qu’à l’ensemble de son équipe, pour l’organisation de cette conférence, la qualité des interventions et leur engagement constant en faveur des victimes. Dix ans après l’attentat de Nice, cette rencontre illustre l’importance de poursuivre le dialogue entre les victimes, leurs associations, les chercheurs, les professionnels et les institutions afin de continuer à améliorer leur accompagnement et de transmettre les enseignements de cette tragédie aux générations futures.
Patrick Prigent, Pierre-Étienne Denis, Alexandra Louis, Pierre Ikias, président AfVT, Hager Ben Aouissi, présidente Une voix des enfants






